Sclérose en plaques

La sclérose en plaques (SEP) concerne 100 000 patients en France. Il s’agit de la première cause de handicap du sujet jeune après les accidents de la voie publique. Elle touche plus les femmes mais les hommes sont aussi concernés (3 femmes pour 1 homme environ).  La prévalence (le nombre de personnes atteintes rapporté à la population) de cette pathologie, qui constitue la première maladie chronique inflammatoire du système nerveux central, est en constante augmentation en raison en partie de la plus grande précocité des diagnostics. Il s’agit de sujets jeunes actifs souvent en projet de vie sociale et professionnelle. Le début de la maladie arrive classiquement entre 20 et 40 ans, mais 5 % des patients sont de début pédiatrique, avant 18 ans.

L’origine de la maladie est multifactorielle et mêle des facteurs environnementaux (gradient pôle-équateur, exposition au virus EBV, hypovitaminose D, tabagisme…) et une susceptibilité génétique. Cette maladie est très vraisemblablement primitivement inflammatoire mais engage aussi dès le début de la maladie des mécanismes dégénératifs. Elle touche le système nerveux central c’est à dire l’encéphale, la moelle épinière et le nerf optique. Elle évolue le plus classiquement par poussées dans 80 % des cas (troubles visuels, troubles de la sensibilité, troubles de la marche et de l’équilibre, troubles vésico-sphinctériens), mais peut aussi s’installer insidieusement dans 20 % des cas s’enrichissant progressivement des différents symptômes. On distingue ainsi la forme rémittente et la forme progressive primaire.

La SEP est l’un des domaines en neurologie qui a vécu le plus grand dynamisme sur les 10 dernières années avec des traitements modifiant le cours de la maladie et la nécessité d’un diagnostic et d’un traitement précoce. Le diagnostic est centré sur une expertise de l’histoire clinique et les données de l’imagerie en résonance magnétique (IRM) mais aussi celles de la ponction lombaire (examen médical consistant à recueillir le liquide céphalo-rachidien par une ponction dans le dos, entre deux vertèbres).

Les traitements actifs aujourd’hui sont des immunothérapies (médicaments visant à mobiliser les défenses immunitaires du patient contre sa maladie) qui permettent de contrôler la maladie au prix d’une possible toxicité et d’un risque qui nécessitent une expertise pour les indications, leur administration et leur surveillance en milieu spécialisé.

Ces traitements sont aujourd’hui essentiellement anti-inflammatoires et l’ambition de l’avenir est centrée sur des possibilités de réparation. Des essais cliniques sont déjà en cours (ex de l’anti-lingo1) dans cette perspective. La recherche de biomarqueurs pronostiques et thérapeutiques reste active notamment sur le plan immunologique (cellulaire comme humoral) et de l’imagerie (IRM, tomographie par émission monophotonique (TEMP ou SPECT), ou encore Tomographie par cohérence optique (OCT)).