Maladies inflammatoires de l’intestin

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) groupent deux entités : la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH). La MC peut toucher l’ensemble du tube digestif de la bouche à l’anus, mais trois segments sont plus souvent atteints : l’intestin grêle, le côlon et l’anus. La RCH atteint le rectum dans 100 % des cas et une partie plus ou moins importante du côlon d’amont dans 80 % des cas. Les MICI sont considérées comme des affections de longue durée (ALD 30), car bien que les MICI impactent faiblement sur l’espérance de vie, elles induisent une morbidité élevée et altèrent significativement la qualité de vie des malades.

Les MICI peuvent apparaitre à tous les âges, mais surviennent en majorité chez l’adulte jeune, le pic de découverte des MICI se situant entre 20 et 35 ans. L’incidence de la MC a augmenté en France ces dernières années passant de 5,3 à 7,6 pour 100 000 habitants entre 1988 et 2008. Contrairement à la MC, l’incidence de la RCH tend à rester stable en France avec une incidence de 4,4 pour 100 000 habitants  en 2008. Les MICI prédominent en Europe et en Amérique du Nord avec un gradient Nord-Sud, cependant leur incidence tend à augmenter dans les pays en voie de développement. Il existe une légère prédominance masculine dans la RCH et une prédominance féminine dans la MC.

Malgré les avancées, notamment dans le domaine de la génétique, l’origine des MICI reste encore imparfaitement comprise. Elles ont pour caractéristique commune la présence d’un infiltrat inflammatoire au niveau du tube digestif liée à une modification du microbiote intestinal perçue comme anormale et à l’origine d’une activation excessive du système immunitaire. Cette rupture de tolérance immunologique est probablement favorisée par des facteurs génétiques et environnementaux. Le tabac est le seul facteur environnemental clairement identifié comme facteur de risque dans la MC, multipliant par deux le risque de développer cette maladie. Dans la RCH, le tabac constitue un facteur environnemental protecteur et son arrêt aggrave la maladie.

Le diagnostic de MICI repose sur un ensemble d’arguments cliniques, endoscopiques et histologiques. Les MICI évoluent par poussées entrecoupées de périodes de rémission. Les signes cliniques les plus fréquents sont des douleurs abdominales, une diarrhée, souvent chronique, et des rectorragies. Des complications digestives (abcès abdominaux ou pelviens, fistules, sténoses ou occlusions) peuvent survenir. Des manifestations extra-digestives sont retrouvées chez 30 % à 50 % des patients atteints de MICI (manifestations articulaires, ophtalmologiques et cutanéo-muqueuses principalement). La confirmation du diagnostic de MICI nécessite différents examens : l’iléo-coloscopie avec des biopsies multiples et étagées est l’examen clé pour confirmer le diagnostic. D’autres examens peuvent être nécessaires comme l’entéro-IRM, le scanner abdomino-pelvien ou l’IRM périnéale.

La stratégie thérapeutique repose sur le traitement de la poussée, puis la mise en place d’un traitement d’entretien. Les objectifs thérapeutiques sont les suivants : l’obtention d’une réponse clinique, d’une réponse biologique avec normalisation du syndrome inflammatoire, et d’une cicatrisation muqueuse. Plusieurs catégories de traitements peuvent être utilisées au cours des MICI : les dérivés des 5 amino-salicylés, les corticoïdes, les immunosuppresseurs (thiopurines et méthotrexate), les anti-TNF alpha. Un traitement chirurgical est parfois nécessaire lors de la survenue de certaines complications des MICI.

La recherche est très active dans les MICI, a pour objectif de mieux comprendre la physiopathologie de ces maladies et de pouvoir développer de nouveaux médicaments pour permettre au patients d’avoir la meilleure qualité de vie possible.